Vous êtes ici : Accueil > Actualités > Autour de Vailland > Vailland à travers les blogues (6)

Vailland à travers les blogues (6)

Mis en ligne le 03/01/2012

Le blogue « motsaïques » propose sous le titre Le "Drôle de jeu" de Roger Vailland, en date du 22 janvier 2010, un article étudiant les rapports, dans ce roman, entre la fiction romanesque et la vérité historique.

Que le récit de Drôle de jeu soit basé sur des faits et surtout des personnages réels, cela lui paraît être évident, et il souligne avec une certaine ironie les précautions oratoires dont a usé l’auteur.

« Voilà qui, avec du recul, semble distillé par des cornues bien précautionneuses. Si pas hypocrites. Vailland se réfugie dans les brumes de la fiction pour mieux enfumer ses lecteurs. Ou se protéger des antagonismes entre gaullistes et communistes, entre résistants de la première heure et de la dernière seconde, entre partisans d’une littérature réaliste et ceux qui s’embarquent pour des navigations plus surréalistes ??? »

Mais cela n’empêche pas l’auteur du blogue d’apprécier l’intérêt du livre. Après avoir cité les pages de présentation de Caracalla, il en conclut : « Impossible de ne pas reconnaître Daniel Cordier (NDLR : Cordier qui, dans ses propres mémoires, a effectivement reconnu cette identification). Ainsi, les voies de deux lectures (au moins) sont-elles ouvertes dans ce Drôle de jeu. L’histoire. Le roman. En complément, voire se confondant, et non au détriment l’une de l’autre. »

La note du blogue s’achève sur une citation de l’article de Pierre-Robert Leclercq paru dans le Monde le 12 novembre 2009 :

« Drôle de jeu, le plus étonnant des romans que la période de l’Occupation ait inspirés. Son personnage central, François Lamballe, dont le nom de résistant est Marat, mène en effet une vie double, celle d’un combattant et celle d’un libertin. Une coexistence qui n’a rien de schizophrénique.

Guerre et hédonisme. Les compagnons de Marat s’interrogent. Au cours d’une conversation avec son camarade Rodrigue, Marat donne sa réponse : "La guerre exige la même loyauté que l’amour, c’est pourquoi l’homme noble n’admet que deux occupations, la guerre et l’amour." Lui entend vivre les deux. Homme de plénitude, il est entré en résistance comme on entre en religion, sans renoncer à la sienne, qui est la religion du plaisir (…).

En filigrane, et donnant une dimension supplémentaire à son propos, le roman nous dit aussi qu’il ne sert à rien de combattre une oppression si c’est pour aller vers la servitude. Quelque peu oublié, Drôle de jeu est en tout cas une grande œuvre à retrouver ou découvrir. Un livre nécessaire. »

Dans la même rubrique :

© 2006–2007 Les Amis de Roger Vailland – Élizabeth Legros et Alain (Georges) Leduc, co-responsables de la rédaction.
Conception : www.linuance.com