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Vailland, Céline et la collaboration

Mis en ligne le 04/02/2011

L’inimitié déclarée entre Roger Vailland et Louis-Ferdinand Céline resurgit à l’occasion de la polémique déclenchée par la célébration contestée du 50e anniversaire de la mort de Céline. Dans un article paru dans le Monde du 27 janvier 2011, sous le titre de Céline et les petits censeurs,Pierre Lainé écrit ainsi :

« Sartre et Vailland ont fortement contribué à établir la légende de compromissions honteuses de Céline, le premier, en affirmant sans le moindre commencement de preuve que les Allemands rétribuaient Céline, belle ineptie et lâche accusation ; le second, en imaginant un scénario rocambolesque et ridicule, à propos du réseau de Résistance auquel appartenait Chamfleury et établi en partie rue Girardon, dans l’immeuble où Céline avait son appartement. Vailland tente de mettre sur pied une expédition punitive pour tuer les collaborateurs de Je suis partout, familiers supposés de Céline, mais ses amis refusent le projet. L’appartement de Chamfleury voit défiler, outre les notables de la Résistance clandestine, des Anglais ou des réfractaires au STO. Céline le sait, fréquente d’ailleurs le couple Chamfleury et ne dénoncera personne ; après la guerre, Chamfleury rendra hommage à Céline. »

On peut verser aussi à ce dossier une lettre de Chamfleury à Céline, datée du 4 avril 1958 :

extrait :

« Je viens de découvrir, un peu tardivement, dans le Petit Crapouillot de février, votre réplique à un papier de Roger Vailland, paru dans La Tribune des Nations. Si j’avais eu connaissance, à l’époque de la parution, de cet article en tous points odieux et méprisable, je n’aurais pas manqué de lui donner la réponse et le démenti qu’il convenait. (…)

Dans son précédent bouquin, Drôle de jeu, Roger Vailland n’a pas cité mon nom une seule fois, bien que la plus grande partie de l’action soit située et centrée sur "l’aventure de la rue Girardon". Les seules allusions (désobligeantes) qu’il a faites, quant à mes activités de Résistant et mes préoccupations, concernant un troc de savonnettes auquel je me serais livré ! Comme je n’ai jamais été assoiffé de publicité, ni de "gloire", je n’ai pas éprouvé le besoin de rétablir la vérité qui ne serait pas tellement flatteuse pour notre petit Goncourt au profil de faucon. »

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