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Une nouvelle édition de "Drôle de jeu"

Mis en ligne le 16/11/2009

Une nouvelle édition de Drôle de jeu, le premier roman de Vailland, vient de paraître aux éditions Phébus dans la collection Libretto.

Présentation de l’éditeur

« Car enfin, vous jouez, lui dit-elle… poser des bombes au clair de lune, faire dérailler un train, est évidemment un jeu passionnant. (…) Vous devez jouer à faire jouer les autres… drôle de jeu. » Publié aux éditions Corréa à la Libération, couronné par le prix Interallié en 1945, Drôle de jeu, qui retrace la vie quotidienne d’un résistant en 1944, n’est pourtant pas, ainsi que l’affirme Vailland lui-même, un livre sur la Résistance, ni un roman historique, mais « une fiction, une création de l’imagination ».

Le roman, découpé en cinq journées au cours desquelles le narrateur, Marat, se partage entre les réflexions sur l’avant-guerre, l’illusion communiste, son jeu stendhalien de séducteur, et l’engagement au quotidien – le sabotage d’un train, la trahison des camarades – est essentiellement une interrogation sur la valeur de l’engagement et la notion de résistance.

« Drôle de jeu est un roman - au sens où l’on dit romanesque -, une fiction, une création de l’imagination. Ce n’est pas un roman historique. Si j’avais voulu faire un tableau de la Résistance, il serait inexact et incomplet puisque je ne mets en scène ni les maquisards ni les saboteurs des usines (entre autres exemples), qui furent parmi les plus purs et les plus désintéressés héros de la Résistance. Mais Drôle de jeu n’est pas un roman sur la Résistance. Il ne peut donc fournir matière à aucune espèce de polémique - autre que purement littéraire -, et tout argument d’ordre historique ou politique qu’on y puiserait serait, par définition, sans valeur. Si enfin le nom ou le pseudonyme d’un de mes ‘héros’ se trouvait appartenir à un personnage existant réellement, ce serait pure coïncidence, indépendante de ma volonté sans aucune signification. » Roger Vailland, 1945

Quatrième de couverture

Dans la France occupée, quelques hommes jouent un peu malgré eux le jeu dangereux de la résistance armée et de l’aventure amoureuse. Le libertin Marat, le romantique Rodrigue, le naïf Frédéric vivent l’activité terroriste comme un métier tyrannique où le risque tient presque lieu de loisir. Autour de Mathilde, jadis aimée par Marat, et dont les charmes déclinants éveillent encore la séduction, les rencontres se nouent, chargées de passion et d’inquiétude. Mathilde est-elle dangereuse ? Drôle de jeu offre, avec un mélange de lucidité cynique, de touches psychologiques et de réflexions politiques, un tableau pittoresque de la vie à Paris, lorsque collaborateurs et patriotes tentaient d’oublier, dans les mêmes endroits, ce que leur réservait le lendemain. Sous le sérieux du combat engagé contre le nazisme, nul mieux que Roger Vailland dans ce roman n’a montré la part de désillusion assumée avec autant de désespoir que d’enthousiasme.

Lire aussi :

Un article de Pierre Robert Leclercq paru dans le Monde du 13 novembre 2009

Un article de Richard Sourgnes dans le Républicain Lorrain du 14 mars 2010

La critique de Francis Pornon, sur son propre site

© 2006–2007 Les Amis de Roger Vailland – Élizabeth Legros et Alain (Georges) Leduc, co-responsables de la rédaction.
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