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Les Saisons de Roger Vailland

Mis en ligne le 30/11/2006

En intitulant son livre « Les saisons de Roger Vailland », en 1969, quatre ans après la mort de l’écrivain, François Bott a contribué à fortifier certaines légendes courant autour de lui. Légendes qui n’étaient pas forcément pour déplaire à Vailland : « Avouons qu’il est responsable de certaines d’entre elles, notamment celle qui veut que sa vie aurait été rythmée selon des ‘saisons’ particulières », déclarait Christian Petr quelque trente ans plus tard à L’Humanité 1. Il y aurait eu ainsi la saison du jeune homme seul et celle du libertin, la saison du militant et celle du désintéressé, la saison de l’amour fou et celle du Grand Jeu. «  En vérité, écrivait Vailland dans Expérience du drame, la vie ne m’apparaissait digne d’être vécue que dans la mesure où je parviendrais à la constituer en une succession de saisons si bien enchaînées qu’il ne resterait plus la moindre place pour la vie quotidienne. »

Les saisons de l’écrivain ne sont pas celles du calendrier. Dans Drôle de Jeu, Marat, le résistant, revient de Paris dans la région lyonnaise. Il se souvient d’une rencontre avec une jeune voisine qui s’ennuie à la campagne : «  Il avait été frappé que ce retour des saisons dont il se réjouissait comme une fête pût aussi bien terrifier par sa monotonie – comme un cercle infernal dont on a perdu tout espoir de s’échapper. »

(Article d’Elizabeth Legros Chapuis)

1. Article paru dans l’édition du 12 mai 1995

© 2006–2007 Les Amis de Roger Vailland – Élizabeth Legros et Alain (Georges) Leduc, co-responsables de la rédaction.
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