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Francis Jeanson, un proche de Vailland

Mis en ligne le 05/10/2009

Francis Jeanson, écrivain et philosophe français, né à Bordeaux en 1922, mort à Arès le 1er août 2009, était un ami de longue date de Roger Vailland.

Dans ses Écrits intimes (p. 752), Vailland écrit à la date du 13 juillet 1964, à l’occasion d’une visite de Jeanson à Meillonnas : « La générosité de Francis : il fait des enfants, il s’occupe de ses enfants, de ses femmes, de son père, de sa mère, des enfants de ses femmes. Le seul homme que je connaisse dont la générosité ne se change pas en morale, semble-t-il, ne détruit ni l’intelligence, ni la liberté à l’égard des plaisirs. »

Le photographe Marc Garanger raconte comment « chez Roger Vailland, à Meillonnas, [il a] présenté ces photographies [il s’agit de son travail photographique sur les femmes algériennes] pour la première fois à Francis Jeanson, l’été 1962, alors qu’il était encore clandestin, recherché par toutes les polices de France, à la suite du procès du réseau Jeanson de septembre 1960, et de la signature du manifeste des 121 – cent vingt-et-un intellectuels français qui dénonçaient cette guerre coloniale, et justifiaient l’insoumission et le soutien au peuple algérien. » (Source : Le site de la médiologie)

Francis Jeanson : notice biographique

Lors de la Seconde Guerre mondiale, il s’évade par l’Espagne pour fuir le STO et rejoint l’armée française de la Libération en 1943. Reporter à Alger républicain en 1945, il rencontre Albert Camus et Jean-Paul Sartre et ce dernier lui confie la gérance de la revue Les Temps modernes de 1951 à 1956. Parallèlement, Jeanson crée et dirige aux éditions du Seuil la collection « Écrivains de toujours ».

En 1955, il publie L’Algérie hors la loi, qui dénonce l’échec du système d’intégration des populations algériennes et affirme la légitimité du FLN. À partir de 1957, au plus fort de la guerre d’Algérie, il met en pratique ses idéaux anticolonialistes en créant le réseau Jeanson (les fameux « porteurs de valises ») chargé de transporter des fonds à destination du FLN. Ce réseau clandestin de militants sera démantelé en 1960. En fuite à l’étranger, Francis Jeanson sera jugé par contumace en condamné en octobre 1960 à dix ans de réclusion.

Il revient en France après son amnistie, en 1966, et est chargé par André Malraux de diriger la Maison de la culture de Chalon-sur-Saône (1967-1971). Il participe ensuite à des expériences de « psychiatrie ouverte ». En 1992, il devient président de l’Association Sarajevo, en soutien au peuple bosniaque, et se porte candidat sur la liste du professeur Léon Schwartzenberg pour les élections européennes de 1994.

Francis Jeanson est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages, dont plusieurs consacrés à Jean-Paul Sartre, notamment Sartre par lui même (1955) et Le problème moral et la pensée de Sartre (1965)… mais aussi à des philosophes comme Montaigne.

Lire aussi : l’article de l’Humanité sur la disparition de Francis Jeanson

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