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Des hommes dans la ville

De Paris à Prague dans les romans de Roger Vailland

Mis en ligne le 18/09/2007

Article paru dans le numéro 5 des Cahiers Roger Vailland (Paris-Prague : itinéraire d’un grand jeu), juin 1996

Depuis que l’homme construit des villes, il existe un rapport étroit entre l’intellectuel et la cité. L’écrivain pose sur la ville un regard qui peut être critique (Jean-Jacques Rousseau), fasciné (Hugo, Restif de la Bretonne…), exalté (les surréalistes) 1. A l’époque où Roger Vailland commence à écrire, la ville apparaît comme « symbole du monde contemporain et en même temps symptôme de la profonde crise qui ébranle ce monde » 2. Le thème de la ville va prendre dans son œuvre romanesque une résonance particulière. Cette ville, c’est le plus souvent Paris, à une large majorité des cas, même si d’autres villes sont citées : Marseille, Lyon, Genève, plus rarement des villes italiennes, Prague enfin :

« Chaque grande ville possède ainsi un centre, un creux (qui ne coïncide pas nécessairement comme à Paris avec le centre géographique) où aboutissent toutes les espèces de désemparés, y compris les voyageurs sans but, les promeneurs. A Marseille, c’est la rue Beauvau où j’ai rencontré à six heures du matin I.V. qui aurait dû logiquement être à Bucarest ; à Lille, la rue de Strasbourg ; à Madrid, le quartier de prostitution, à droite de la Gran Via en montant ; à Prague, le dédale au bas de l’avenue Wenceslas… » 3

Les quatre voyages de Roger Vailland à Prague (en 1927, 1948, 1955 et 1956) n’ont toutefois pas laissé beaucoup de traces dans ses romans ; pas plus que son expédition à Hollywood, en 1962, en compagnie de René Clément, si ce n’est l’épisode américain de La Truite, qui évoque surtout une réserve indienne au Colorado. « Nous n’avons même pas vraiment visité Hollywood, que je connaissais déjà. Il a regardé tout cela comme un autre monde sans faire la moindre réflexion sociologique ou économique », a raconté René Clément 4. Si Vailland a fait escale à New York, il n’en fait pas état.

« Prague c’est noir, massif et il y a beaucoup de tours carrées ; mais la lumière est chaude et couleur de vie. (…) Les rives [de la Vltava] servent à s’embrasser la nuit » 5. Point n’est besoin de convoquer Kepler, Tycho Brahe, Arcimboldo, ni Kafka (mort trois ans avant le premier voyage de Vailland à Prague) ni les autres fantômes littéraires de la ville, qui sont légion. Vailland aurait sans doute pu s’intéresser, en tant que surréaliste, aux travaux d’ avant-garde des écrivains tchèques des années vingt, au groupe Devětsil, au « poétisme ». Si ce fut en effet le cas, cela ne s’est pas reflété, en tout cas, dans son œuvre romanesque. Il semble que Vailland ait vu surtout à Prague, en 1927, le lieu où se présentait l’occasion de se lancer dans l’activité journalistique, et, par la suite, la capitale d’une république socialiste ; ce regard politique s’intéresse davantage au sort de ses contemporains qu’aux traces du passé. En somme, il aurait été imperméable à la « pragomanie » aujourd’hui si largement répandue… 6

Deux romans urbains

Parmi les neuf ‘grands’ romans de Roger Vailland, deux surtout montrent une dominante urbaine : Drôle de jeu et sa suite Bon pied bon œil, le premier construit symétriquement en cinq journées, deux fois deux journées parisiennes encadrant une journée rurale (à la fois temps de réflexion et tremplin où rebondit l’action) ; le second nous montrant, plutôt que la ville, la banlieue, les banlieues petites-bourgeoises ou ouvrières que traverse Rodrigue au fil de ses épreuves.

Un Jeune homme seul, composé à la charnière entre la période parisienne de Vailland et son installation à la campagne, commence en province (Reims) et s’y achève (Ste-Marie-des-Anges, alias Ambérieu-en-Bugey) après un séjour parisien très révélateur pour Eugène-Marie Favart, à la fois au niveau familial et politique – soit une structure topographique exactement inverse de celle de Drôle de jeu. Les six autres romans se passent essentiellement à la campagne ou dans des petites villes, toutes en France, sauf La Loi. Mais même dans ces livres très précisément situés, la ville, la grande ville surtout, n’est jamais absente ; elle se manifeste dans les rêves ou les souvenirs des personnages, à travers une symbolique dont on verra plus loin le contenu.

Le choix des sites n’est jamais neutre ; les lieux ne sont jamais de simples décors. D’une part, on peut y suivre à la trace le parcours de Roger Vailland dans la vie ; de l’autre, on y récolte quantité d’informations significatives sur les personnages, leur origine, leur itinéraire, tout ce qui a fait d’eux ce qu’ils sont au moment où nous les rencontrons.

Dans Drôle de jeu, Paris fait partie intégrante de l’action. On y voit de la manière la plus concrète comment les faits et gestes d’un résistant peu conforme au stéréotype s’inscrivent dans la géographie de la ville occupée. Il serait fastidieux d’énumérer tous les lieux cités et cela de façon précise : rues, magasins, cafés, bars et restaurants, hôtels, monuments… Néanmoins, à les récapituler, on s’aperçoit que six quartiers – au sens large – dominent :

- Montmartre/Pigalle, où Marat habite ;
- Étoile/Parc Monceau (on verra le Parc Monceau revenir dans Bon pied bon œil et beaucoup plus tard dans La Truite) ;
- Madeleine/Opéra ;
- Châtelet/Les Halles ;
- St-Michel/Place Maubert, où se situe le creux de la ville (cf supra) ;
- St Germain/Montparnasse.

Mais la liste n’est pas exhaustive ; l’épisode chez Elvire 7 se situe à la Muette, adresse de nouveaux riches pour le couple journaliste/trafiquant.

Bon pied bon œil, roman des banlieues, ne fait guère d’incursions à Paris que rive gauche (St-Michel, St-Germain, Montparnasse, Porte d’Orléans) mais se réfère aussi à une géographie très spécifique, celle des services de police et des prisons.

Un jeune homme seul, dans sa partie parisienne, montre l’immeuble du 16e arrondissement où habite la « famille de Paris » 8, microcosme où Eugène-Marie va croiser à la fois des bourgeois (ou ceux qui voudraient le devenir) et des prolétaires (et qui en sont fiers).

Le décor comme révélateur

Les descriptions sont précises mais jamais gratuites ; comme dans un roman policier, chaque détail a son importance ; il s’agit, à travers le cadre de vie, le lieu d’activité des personnages, de transmettre au lecteur des éléments de perception directe du milieu social où ils évoluent et de montrer dans quelle mesure ils en sont l’image ou, au contraire, le contrepoint. La grande ville, avec tous ses microcosmes, se prête bien à cet exercice.

Cela est particulièrement caractéristique pour les personnages secondaires qui en acquièrent un relief d’autant plus saisissant. Deux exemples : « Mademoiselle », la logeuse de Marat dans Drôle de jeu, « fille et petite-fille d’artisans parisiens » 9, ouvrière à la journée, anti-cléricale, vive et ironique, est inséparable de sa rue Lepic. Quand Milan, dans les Mauvais coups 10, évoque « l’Écossais », « Uncle », qui fut l’ami de la mère de Roberte, il a deux visages, le riche protecteur (« il lui fit bâtir un hôtel dans un quartier neuf d’Auteuil », « il m’invita à dîner au Café de Paris ») et le fêtard qui aime à s’encanailler dans les quartiers populaires (« il m’emmenait parfois dans les cafés de Belleville (…), les bistrots familiers des petites rues qui montent vers les Buttes-Chaumont »).

La typologie des quartiers parisiens sert aussi à montrer le parcours de deux femmes ‘entretenues’, la mère de Roberte 11 et la Blanchette 12, la première se servant des hommes pour arriver à l’aisance matérielle, tandis que la seconde en est plutôt la victime. Quinze ans plus tard, Vailland utilisera le même procédé pour baliser l’itinéraire de Mariline 13, personnage plus autonome et plus libre que les deux autres.

Le narrateur, qu’il soit ou non incarné dans un personnage, ne pose pas sur ces lieux un regard indifférent ni même objectif. Sans surprise, on voit que Vailland et ses porte-parole n’ont pas grande attirance pour les ‘beaux’ quartiers. Ceux-ci servent souvent à loger des personnages antipathiques (Elvire) ou influents (l’avocat dans Bon pied bon œil, Isaac dans La Truite) 14. L’épisode parisien du Jeune homme seul est plus nuancé. La maison de la rue Pétrarque – adresse réelle de la grand-mère de Roger Vailland – est un espace social où cohabitent les bourgeois (Eugénie Favart) et les ouvriers ou les domestiques (la famille Fleuri) que le mariage de Lucien Favart et de Lucie Fleuri met en présence de façon artificielle. « Les habitants du bel immeuble se plaignaient (…) Il était honteux qu’une telle pouillerie n’eût pas encore été éliminée d’un quartier si convenable. » 15 Parmi les prolétaires, Vailland a soin de faire la distinction entre ceux qui assument leur condition (Madru, militant syndical, Clémence, Marcelle…) et ceux qui ont trahi leur classe (Victorien Fleuri, chef de rayon à la Belle Jardinière, Etienne Fleuri, inspecteur aux Renseignements Généraux, qui jouera un rôle décisif dans la deuxième partie du livre).

Roger Vailland trouve des accents lyriques pour évoquer les invités de la noce, employés, ouvriers, artisans, « accourus des régions lointaines du Point-du-Jour, de Belleville, de Ménilmontant, de la cité Jeanne d’Arc dans le 13e, de la Porte de Versailles, de Javel et de Grenelle ».

Deux mondes qui ont pourtant entre eux des rapports économiques ; Lucien Favart emmène Eugène-Marie au marché aux Puces, « l’oncle expliquant au neveu comment les modes successives faussent apparemment la loi de l’offre et de la demande et permettent aux astucieux de vendre cher rue Franklin ce qu’ils ont acheté bon marché à la Porte de St-Ouen ». 16

Espaces et déplacements

La grande ville, c’est aussi un espace combinatoire que les personnages sillonnent par tous les moyens de transport : en métro, en autobus, en tramway. « Le métro aérien, de Passy à Pasteur, n’en finit pas de traverser les beaux et les vilains quartiers… » 17 Le trajet de Marat en métro 18, sur la ligne Porte de la Chapelle-Porte de Versailles, nous vaut une belle variation sur les pouvoirs de l’imaginaire, stimulé par le retour récurrent du réel, à chaque station. Ce passage n’est pas sans rappeler la fameuse séquence de Julio Cortázar 19 où Johnny Carter (alias Charlie Parker) disserte sur la perception du temps, ou encore certains jeux littéraires. 20

Mais le métro est aussi et surtout chez Vailland (déjà) le symbole de l’aliénation du salarié, thème que l’on retrouve dans les Mauvais coups (« Je commençais à travailler à sept heures et je devais d’abord traverser tout Paris en métro… » « Tu voudrais que je me lève à huit heures du matin et que je traverse Paris en métro quatre fois par jour pour deux mille francs par mois ») 21 et surtout dans La Fête où Lucie voit s’incarner dans le métro son rapport au travail 22, rapport d’ailleurs ambigu : elle n’aime pas son travail mais elle préfère travailler plutôt que vivre aux crochets de sa belle-mère (ce qui la situe dans la catégorie des prolétaires ‘nobles’).

Dans N’aimer que ce qui n’a pas de prix 23, Vailland crédite le « peuple de Paris » d’une des qualités qu’il apprécie le plus, la désinvolture ; dans d’autres ouvrages, il en a fait l’apanage des Français ; on pourrait en déduire que les Parisiens sont les plus Français des Français… Néanmoins cette désinvolture apparaît peu dans les romans de Vailland situés à Paris, où l’on trouve surtout des allusions à l’esprit parisien (jeux de mots, métaphores…) 24. Roger Vailland ne convoque pas Gavroche, mais Nini Peau de Chien fait un passage remarqué 25.

Mais Vailland aime surtout évoquer les Parisiennes 26 qui lui paraissent incarner, de manière un peu stéréotypée peut-être, ce mélange d’élégance et de vivacité qu’il situe d’ailleurs le plus souvent dans les milieux les plus modestes (Jeanne Gris, « aristocrate ouvrière » 27). «  A Paris une femme n’arrive qu’à force d’intelligence, de finesse et de savoir, la beauté et la fraîcheur ne viennent qu’après… » 28

Le Paris nocturne et ses plaisirs, qu’il a beaucoup fréquentés en un temps, « ne font pas chez Vailland l’objet de grands développements romanesques », note Frédéric Chaleil 29 « Il y a bien ce 8e chapitre de Drôle de jeu où Vailland se plaît à décrire à l’heure du couvre-feu une curieuse ronde festive qui prolonge cet air de conspiration baignant tout le livre. (…) On relèvera également, éparses dans La Fête ou Les Mauvais coups, des anecdotes, des notations résonnant comme autant de confessions de l’écrivain-narrateur sur une époque désormais révolue : le temps du Poisson d’Or, celui du Melody’s ou encore du Bar Bac… » 30

Ville et banlieue

A la ville multiforme s’opposent les banlieues bien compartimentées, banlieues petites-bourgeoises comme Bois-le-Prince (au nom transparent) que Rodrigue qualifie de « sale bled » 31 et où les sympathisants du PC sont « timides et honteux » 32. Ou bien banlieues ouvrières, espaces magnifiés des luttes politiques, comme Le Pecq 33, et de l’action des résistants 34. Glorification à laquelle fera écho, dans les romans militants de Vailland, celle des « villes ouvrières » 35

On rencontrera aussi un banlieusard dans La Truite : Saint-Genis, « né à Nanterre en 1928 », le self-made man qui a gardé « l’accent faubourien » 36. « Maintenant il a sa place dans les conseils d’administration, en France et en Amérique, mais il n’a pas perdu l’aisance un peu canaille de ses copains de Nanterre et de Puteaux » 37. Il est visible que cette origine confère à Saint-Genis, aux yeux du narrateur, d’incontestables « quartiers de noblesse ».

Devenu adulte, Eugène-Marie Favart a du mal à trouver sa place dans le monde des hommes : pour illustrer cette incertitude, Vailland le montre habitant une maison limitrophe des quartiers bourgeois et ouvriers, comme il l’explique lui-même à l’inspecteur Fleuri : « Regardez ma maison… une jolie villa, presque une maison de riche, une maison particulière. Mais regardez où elle est placée : elle ouvre sur l’avenue de la Gare et mon jardinet est fermé par une grille en fer de lance ; mais elle touche par derrière à la cité ouvrière et le mur de mon potager est mitoyen avec le mur du potager des hommes d’équipe » 38. Ainsi, petit-bourgeois d’origine, mais introduit par alliance dans la classe ouvrière, Favart est encore incertain de son appartenance ; ce n’est que dans l’épreuve – l’arrestation – qu’il se révèlera, mais ceci est une autre histoire.

Une liberté réelle ou rêvée

De manière constante, la grande ville et singulièrement Paris représentent pour les personnages de Vailland un espace de liberté, un lieu d’accomplissement de tous les possibles, où les êtres vont pouvoir (ou du moins croient pouvoir) se réaliser enfin dans leur plénitude. Dans Les Mauvais coups, Milan, racontant à Hélène sa jeunesse parisienne, évoque successivement « une fille d’Amérique, venue à Paris par goût de la liberté » 39, puis son propre itinéraire, avec son ami Octave, tous deux « montés » à Paris pour devenir l’un poète, l’autre peintre ; une image conventionnelle depuis le XIXe siècle, mais une aspiration que tous les jeunes provinciaux comprendront. Roger Vailland lui-même, bien qu’ayant passé sa prime enfance à Paris, n’a-t-il pas vécu son adolescence à Reims ?

La liberté, c’est aussi simplement la liberté de mouvement dans la ville, celle d’un trajet en autobus, à regarder Paris sans que personne vous regarde ; c’est Antoinette Larivière, libérée d’une injuste détention, qui « sourit à la liberté retrouvée » 40.

La grande ville est encore, dans La Loi, le passage obligé pour réaliser ses ambitions : le commissaire Attilio rêve d’être muté dans une ville du Nord ; c’est là aussi que Mariette et son petit ami, ayant dévalisé un touriste allemand, projettent de filer pour profiter de leur butin.

Mais tous les rêves ne se réalisent pas ; surtout lorsque des hommes faibles, velléitaires – Francesco dans La Loi, Rambert dans La Truite – rêvent de partir avec la femme aimée et d’aller vivre avec elle dans la grande ville, où ils seront libres de s’aimer loin des regards 41. Fantasme auquel fait écho le souvenir de la vieille Julia : « Quand j’étais jeune, dit Julia, don Cesare avait promis de me mener à Bologne » 42.

Le creux, le centre, le cœur

La ville oriente le destin de ses habitants, mais ceux-ci à leur tour y projettent leurs émotions, leurs sentiments, leurs souvenirs. On ne peut guère taxer les livres de Vailland d’un excès de sentimentalité, mais il est des lieux qui incontestablement le remuent par leur charge affective. C’est surtout sensible dans Drôle de jeu, où se trouve le superbe passage, déjà cité, dans lequel il définit le ‘creux’ de la ville, dans une évocation nourrie de souvenirs personnels : allusions à sa première femme, Boule, à son ami Ivo Fleischmann.

Le creux est le double en négatif du ‘centre’ de la ville, que Vailland évoque en ces termes : « Le centre est le point de convergence des êtres et des intérêts » 43, mais il peut aussi se confondre avec lui : c’est le cas de la rue Beauvau à Marseille.

Enfin, dans une projection anthropomorphique, Vailland situe aussi le cœur (et l’on sait l’importance de ce mot dans sa mythologie personnelle) de la ville : «  le cœur d’une ville est ce qui la caractérise entre cent autres, ce qui la définit essentiellement » 44. A Paris, si le creux est situé place Maubert, son cœur est à la Madeleine, choix sur lequel Vailland reviendra avec insistance dans La Truite 452, sans pour autant préciser les raisons de sa conviction.

Dans au moins deux des romans de Roger Vailland sont insérées des scènes d’errance dans la grande ville : errance nocturne de Marat en compagnie de Caracalla, dans la vaine quête « du dernier carré des amateurs de la nuit » 46 ; dérive sans but de Marat désoeuvré, qui hésite où aller avant de se faire inviter chez Elvire ; longue marche de Rodrigue dans Paris, aux prises avec le « cas de conscience » de sa responsabilité envers Antoinette ; parcours jubilatoire du même Rodrigue, qui rentre à pied de Montaparnasse, dans la nuit, après que lui et Jeanne Gris se sont avoué leur amour, et qui éclaire de sa joie des banlieues plus ou moins lugubres : « Il pensa avec plaisir à la longue marche entre les entrepôts, les usines endrormies, où veille seule la petite lampe du gardien de nuit, et les cités ouvrières qui ne s’allumeront qu’aux approches de l’aube » 47.

C’est sur cette errance que j’aimerais faire un ‘arrêt sur image’.

Elizabeth Dupré (Legros)


Bibliographie

Balmand, P. : Miroirs de la Ville, Groupe de travail de l’ENS Saint-Cloud, éditions Didier, 1985.

Fernandez, Dominique : Prague et la Bohême, Stock, 1994.

Ripellino, Angelo : Praga Magica, coll. Terre humaine, Plon, 1993.

Runfola, Patrizia : Prague au temps de Kafka, éd. Henri Veyrier, 1985.

Magazine Littéraire : Prague et ses écrivains, juin 1988

Revue Autrement : Prague, secrets et métamorphoses, mai 1990

Revue Europe, numéro spécial Roger Vailland, août-septembre 1988

1. Cf P. Balmand (voir bibliographie).

2. Ibidem

3. Drôle de jeu p 362

4. Rapporté par Yves Courrière dans sa biographie : Roger Vailland, un libertin au regard froid, Plon 1991, p 870

5. Lettre à Roger Gilbert-Lecomte et René Daumal, in Ecrits intimes, Gallimard 1982, p 38

6. Cf Magazine Littéraire,juin 1988

7. Drôle de jeu p 319

8. Un Jeune homme seul p 82

9. Drôle de jeu p 143

10. Les Mauvais coups p 47

11. Les Mauvais coups p 47

12. Un Jeune homme seul pp 172-173

13. La Truite p 235-236

14. Bon pied bon œil p 344, La Truite p 338

15. Un Jeune homme seul p 76

16. Un Jeune homme seul p 127

17. Bon pied bon œil p 345

18. Drôle de jeu p 68

19. Julio Cortázar, L’homme à l’affût, éd. Folio, Gallimard, pp 241-244.

20. Le 15 mars dernier (1996) aux Jeudis de l’Oulipo, Jacques Jouet a lu quelques ‘poèmes de métro’, dont la contrainte consiste à composer un vers durant le trajet entre deux stations et à le noter durant l’arrêt. Si le parcours comprend une correspondance, alors le poème aura deux strophes….

21. Les Mauvais coups p 41 et 54

22. La Fête pp 38, 40, 68, 203

23. N’aimer que ce qui n’a pas de prix, p 46

24. Drôle de jeu p 144, Un Jeune homme seul p 120

25. Les Mauvais coups p 48

26. Drôle de jeu p 230 et 316, La Truite p 312, La Fête p 67 et 101

27. Bon pied bon œil p 303

28. Drôle de jeu p 130

29. Revue Europe, numéro spécial Roger Vailland, août-septembre 1988, p 73.

30. La Fête pp 34 et 110, Les Mauvais coups p 101

31. Bon pied bon œil p 298

32. Bon pied bon œil pp 178 et 181

33. Bon pied bon œil pp 298

34. Bon pied bon œil pp 357

35. 325 000 francs pp 239 et 400, Beau Masque pp 33 et 433.

36. La Truite p 274

37. La Truite p 311

38. Un Jeune homme seul pp 176-177

39. Les Mauvais coups p 43

40. Bon pied bon œil p 216

41. La Loi p 161, La Truite p 411

42. La Loi p 87

43. N’aimer que ce qui n’a pas de prix, pp 90-93

44. N’aimer que ce qui n’a pas de prix, p 95. Dans la suite de ce texte, la métaphore se précise et devient celle d’un corps féminin.

45. La Truite p 43

46. Drôle de jeu p 131

47. Bon pied bon œil p 361

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