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« Ce fut un bien bel échange »

Mis en ligne le 26/08/2011

Des références riches à Roger Vailland dans la correspondance – affichée sur le blog L’Exil des mots à la date du 22 août 2011– entre Bertrand Redonnet et son ami Roland Thévenet.

« Dans Géographiques, dit ce dernier, vous citez plusieurs auteurs, mais c’est sur la figure de Roger Vailland, dont vous évoquez deux titres, La Fête et Les Mauvais coups, que je voudrais m’arrêter. » Et il s’interroge sur l’image intime, l’écho, la présence ainsi suscitée dans le livre de Redonnet. Qui répond notamment, après avoir évoqué sa lecture de Genevoix à l’adolescence : « Il en va de même pour Vailland, quoique j’aie fait sa connaissance beaucoup plus tard.

À un âge un peu plus désabusé. Quand le parcours est déjà abîmé. Ce n’étaient plus les paysages qui étaient présents mais l’obstination à vivre pleinement sa vie, mêlée à un certain désespoir et à un goût prononcé pour l’ivresse et les jeux de l’amour.

J’ai tout lu de Vailland, jusqu’au volumineux et inachevé Écrits intimes qu’une de ses anciennes amies, que j’ai eu la chance de rencontrer à Paris, m’avait gentiment offert. Cependant, Roland, en dépit de tout ce que j’ai pu lire et de tout ce que je lis encore de livres et d’auteurs, s’il est un seul livre que j’eusse aimé écrire, un livre qui m’a profondément marqué, ému, bouleversé, c’est bien Les Mauvais coups.

Nul autre n’est venu à ce jour me procurer la sensation de lire un frère. Plus qu’une œuvre, un miroir, même si ça n’est pas ce qu’on demande à un livre, mais je me situe là plus sur le domaine du « sensiblement personnel » que sur l’échelle toujours un peu pourrie de la cotation littéraire. Bizarrement, je n’ai jamais osé remettre le nez dedans. Je l’ai refermé, voulant sans doute garder intacte ma première sensation. Il reste pour moi le chef-d’œuvre de mon équinoxe de la quarantaine. »

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