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Bourgeade lecteur de Vailland

Mis en ligne le 22/03/2009

L’écrivain Pierre Bourgeade est mort le 12 mars 2009. Marc Le Monnier se souvient de sa dernière apparition au colloque Vailland de Bourg-en-Bresse.

L’athée Pierre Bourgeade naît plus !

La nouvelle de la mort de Pierre Bourgeade attriste les amis de Roger Vailland tant cet homme, plein de gaieté, d’humour et de gentillesse, avait su rendre compte dans son œuvre littéraire de trois dimensions capitales et indissociables : le poétique, le politique et l’érotique ; seule sainte trinité qu’un athée conséquent révère.

Un écrivain, quand il disparaît, ne meurt pas tout à fait, puisqu’il nous laisse cette part de lui-même qui nous permettra d’affronter les tristes soirées d’hiver, la solitude ou le mal toujours présent, le mal banal croisé au premier carrefour venu. Nous serons toujours en meilleure compagnie avec de grands écrivains morts qu’avec la majorité de nos contemporains vivants, et souvent contemporaines également ; comme le disait Gustave Flaubert, au mitan de son existence : «  J’ai beaucoup voyagé de par le monde, mais je n’ai jamais connu de meilleur bonheur qu’une lecture au coin du feu. » Nous pouvons être sûrs que cette phrase n’a rien perdu de sa vérité, bien vivante dans nos consciences pour encore bien des années.

Les amis de Roger Vailland se souviennent avec bonheur de la venue de Pierre Bourgeade en novembre 2006 aux rencontres de Bourg-en-Bresse, où il était intervenu sur le thème de «  L’éloge de la politique ». Il avait lu le fameux passage de la naissance du veau dans Les Mauvais coups. Et Pierre Bourgeade alors de se mettre à rire, et à s’enthousiasmer, en commentant ce passage, pour nous expliquer que ce veau – cet animal mort-né selon Vailland – ce petit de la vache, n’était autre que le petit Vailland lui-même qui cherchait à naître, à exister par la littérature ! Autant dire qu’avec la littérature, l’homme est plus, voire naît davantage s’il n’est jamais plus !

Nous, les amis de Roger Vailland, sommes de ceux qui chercheront à faire exister, connaître et partager l’œuvre de Pierre Bourgeade.

Marc Le Monnier

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